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20 avril 2004 : CHRONIQUE n°11 : Violence et insécurité

Le début du siècle ressemble à celui du siècle précédent. Le sociologue allemand Max Weber soulignait en 1921 : « Les Blancs des États du Sud des États-Unis qui ne possédaient rien et qui menaient souvent une vie misérable lorsque manquaient les occasions de travail libre étaient à l'époque de l'esclavage les véritables porteurs de l'antipathie raciale - totalement étrangère aux planteurs - parce que leur "honneur social" dépendait directement du déclassement des Noirs ». Ainsi donc naissait ou été exacerbé le sentiment de peur et celui de racisme, la notion d’insécurité, celle de violence qui lui est contiguë.

La violence naît de l’insécurité et ceux qui s’acharnent à lutter contre l’insécurité par une autre violence ne sont que vecteurs de l’amplification de cette violence.

Il n’importe pas de faire ici un cours de politique générale ou de disserter des relations sociales, le débat est infini, circonscrivons-le dans notre sphère momentanée, celle de la pratique et de l’étude du jiu-jitsu.

Si, en peu de temps, c’est la troisième fois que je reviens sur ce sujet, c’est qu’il est préoccupant sans doute et que la dérive sociale se marque aussi dans les pratiques physiques ou spirituelles qui sont nôtres. Le full contact des années soixante-dix a brisé l’élégance du karaté, a terni son image, l’a poussé dans des retranchements dont il ne sort plus. Il semble facile d’expulser sa violence vers les autres surtout lorsque l’on s’imagine avoir atteint un certain niveau de technicité.

Il faut avoir le courage de se dire que la violence est née de la peur, que la peur est née de l’ignorance, que la pratique de l’art martial corrige cette vision, remplaçant la peur par des certitudes et ces certitudes par la paisibilité. Pratiquer l’art martial, c’est tendre à cette sagesse et donc ne plus craindre la violence d’autrui, ne pas céder au sentiment d’insécurité, le mot est dit : l’insécurité n’existe pas !

L’insécurité n’est qu’un sentiment, un état, un complexe d’infériorité ou de supériorité. La domination de la violence passe par la maîtrise de son corps, de ses gestes, de ses pensées. La maîtrise passe par l’effacement de l’émotion au profit de la vision réelle des choses, des événements, des êtres.

La vision jiu-jitsu est celle qui est naturelle, simple, l’œil est une machine reproductrice d’image : Point. Je vois ce que je vois, je vois le réel et je n’imagine rien. RIEN.

Si rien est remplacé par quelque chose alors naît la peur, qui s’identifie assez stupidement à la peur d’avoir mal, peur de la brutalité, peur du changement d’état.

La notion de base de la pratique de l’art martial en revient donc à évacuer les craintes, les angoisses, les peurs, surtout la frousse, la trouille, la pétoche enfin tous les termes sont bon, le bobo que l’on va subir, le traumatisme aie aie aie ...

Il est facile, assez simple, de jouer sur le registre de la peur et de proposer des « solutions » populistes à des causes collectives.

Le jiu-jitsu, par le bien-être physique et moral qu’il apporte est une approche de solution individuelle pour autant qu’il soit abordé par le pratiquant sous cet angle merveilleux et infini de la découverte de l’esprit sain dans un corps sain.

(en complément, relire les chroniques 5 et 10)

Bonne pratique à tous, merci pour vos commentaires...

Xian.