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16 mars 2005 : CHRONIQUE N°19 : Question de principes

Ainsi donc le printemps nous revient et avec lui nombre de bonnes résolutions : mettre en pratique tout ce que l’on avait décidé à la rentrée et que l’on n’a pas fait pour toutes les bonnes raisons que l’on connaît.

Les lecteurs de ce site et ceux du forum 100% ju-jutsu sont pour la plupart pratiquants plus ou moins actifs de cette étrange discipline dont on parle ici en long et en large, le jiu-jitsu.

Il convient sans cesse de cataloguer les pratiquants en trois grandes catégories, sans jugement de valeur : ceux qui pratiquent pour faire un sport, peut-être même s’y épanouir en devenant un « champion », ceux qui viennent pour la partie visible la plus importante : l’autodéfense, enfin, l’ensemble des autres qui y trouvent ce qu’ils y apportent : eux-mêmes.

Tous respectables suivent des chemins parallèles issus d’une branche commune qui souvent est ignorée du pratiquant, qui parfois l’effraie, le choque même tant les concepts des siècles précédents sont peu en harmonie avec la vision occidentale actuelle de la civilisation et de l’humanisme.

Pratiquer jiu-jitsu moderne oui, entrer en harmonie avec l’humain : oui, être angélique, non ! Le chemin du jiu-jitsu est celui de la voie de la vie réelle. Il n’y a rien de virtuel rien de mystérieux.

Pour tout un chacun, jiu-jitsu est surtout un ensemble de techniques gestuelles mémorisées et répétées.

Alors que l’occidental moderne retrouve sans cesse le chemin de l’affrontement par les biais les plus étonnants, il est bon de restituer une vérité évidente : dans la pratique du jiu-jitsu, il n’y a pas de place pour la compétition ou de vaines épreuves de force. Les pratiquants sont partenaires, ils se retrouvent sur le tapis resté ou devenu tatami, non pour se battre, mais pour s’aider mutuellement à comprendre et apprendre leur corps, leur perception de l’espace et celle plus importante de la vie, le respect de la vie, la leur et celle de l’autre.

La connaissance apporte la compréhension et permet ainsi d’user de la technique pour vivre, survivre si nécessaire.

Au cours de cette chronique mensuelle, je privilégie comme on a pu s’en apercevoir l’approche holistique des arts martiaux qui met l’accent sur un des plus importants principes fondamentaux : la principe d’unité entre les éléments intérieurs et les éléments extérieurs à la personne, sur l’unité et la coordination entre les aspects “externes” (physiques) et “internes” (mentaux). Il n’est pas question pour moi d’y inclure des bribes orientaux religio-philosophiques. Toute mon approche est cartésienne et actuelle.

Cette démarche, qui je l’espère, ravit les lecteurs, ne leur donne pas satisfaction quant à la technique gestuelle en soi.

Comme il n’est pas question de créer ici un « cours » ou un syllabus, je pense apporter au pratiquant des informations intéressantes concernant des techniques et gestes disparus des études modernes pour des raisons valables, sincères ou non de sécurité individuelle ou morale.

Ceux qui sont venus à nous pour l’approche sportive, et ses aspects stimulant la santé physique et mentale, donnant d’importance au plaisir et à la compétition ne seront pas en reste, peut-être trouveront-ils ici des éléments leur permettant de se perfectionner tout en respectant les règlements « officiels ».

Ceux pour qui l’approche est utilitaire y trouveront matière à réflexion, positive et négative, comme il se doit quant à l’efficacité et l’applicabilité des techniques lors d’un vrai combat (l’autodéfense).

Il est nécessaire pour clarifier les esprits de décider d’une sorte de ligne de conduite pour énoncer la litanie des gestuelles, je reprendrai donc celle de Jigoro Kano, parlant donc de lancement de jambes, d’abord, évoluant ensuite vers la projection de hanche pour glisser aux sutemi, rebondir en atemi, bloquer en strangulation, conclure par la fin du combat qui n’a jamais existé.

Première approche dans une semaine : o soto gari.

Xian.