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Chronique de Xian n°24 : Atéwaza PDF Imprimer Envoyer
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3 février 2006 : CHRONIQUE N°24 : Atéwaza

De nombreux pratiquants actuels se posent des questions concernant le Karaté jitsu dont on les entretient et mille autres variantes à base orientale coréenne, indonésienne, ... comme on ne connaît rien, on mélange tous les genres et l’on imagine avoir inventé quelque chose.

Nombre d’écoles aux noms ronflants et aux maîtres bardés de titres enseignent de simples techniques brutales n’ayant qu’une vague relation orthophonique avec le principe original de la souplesse du jiu-jitsu (art de la souplesse – céder pour vaincre) et encore moins avec les magnifiques techniques compliquées et semblant irréelles du jiu-jitsu.

Si le karaté est l’art de la main libre, originaire d’Okinawa, l’atéwaza du jiu-jitsu est l’art d’attaquer les points vitaux par pression, percussion, pincement et autres torsions. Les attaques de l’atéwaza enseignées au Japon depuis, au moins, le 17ème siècle sont parties intégrantes du jiu-jitsu, elles le sont restées tout autant à l’école de Kano (le Kodokan) comme à celle de Ueshiba (l’Aïkikaï).

La pratique de l’atéwaza ayant pour but la mise hors combat d’un adversaire par paralysie, évanouissement, syncope, elle fut exclue en Occident de la pratique du judo et de l’aïkido. On en arriva ainsi à l’ « oublier » de telle sorte que l’atéwaza ne fut plus au programme, pas même des quatrièmes dan et plus du judo ou de l’ensemble des cours d’aïkido.

C’est probablement ce fait qui conduisit certains pratiquants vers le karaté, lesquels se réorientèrent ensuite vers le jiu-jitsu.

L’atéwaza comprends des techniques diverses dont la plus connue est l’atémi. Un atémi de jiu-jitsu est un coup frappé qui percute un point précis du corps de manière inattendue, y provoquant une inhibition qui permet à Tori d’enchaîner immédiatement une technique quelconque de maîtrise, au cas où, volontairement ou non, l’atémi n’ait pas été « définitif ».

On peut voir dans notre discipline une technique de dissuasion, un apprentissage du combat en vue de communiquer un certain sang-froid qui nous épargnera la peur, il n’en reste pas moins que la pratique du jiu-jitsu a pour but initial d’ôter la vie de l’agresseur. Dans les affrontements entre mammifères de même race, l’homme est le seul qui en arrive au meurtre. Sans l’oublier, nous avons cependant une telle habitude d’une société « politiquement correcte » que nous ne réalisons plus à quel point celle-ci est d’une agressivité féroce, nous demandant sans cesse de sacrifier notre nous-mêmes à notre environnement socio-économique.

Hormis le problème psychologique de la conception non-actuelle de la défense « totale et définitive », on voit donc tout de suite le danger de l’étude qui ne permet pas de « vérifier » l’exactitude des faits et plus encore celui qu’il y a à étudier en portant les coups « devant » ou « à côté » - auquel cas, on a rien étudié du tout. L’étude de l’atéwaza doit rester l’apanage d’élèves consciencieux et recherchant précision et maîtrise. Apprendre à frapper ne sert à rien, les circonstances réelles actuelles ne plaçant pas Tori devant un agresseur, en short, torse nu. Il faut apprendre à porter le geste avec certitude et à pratiquer l’enchaînement adéquat.

La caractéristique de l’atémi de jiu-jitsu est d’être donné avec décontraction.

L’utilisation de l’atéwaza sera fonction de l’agression ( violence, tempo ). L’attaque ne peut avoir lieu que par surprise elle suppose une initiative de la part de Uke et nettement une intention de nuire, elle est dirigée contre la personne de Tori. Attaque et contre-attaque sont donc deux actions réciproques qui maintiennent le dualisme et l’opposition, l’utilisation de l’atéwaza vise à rompre cet équilibre en faveur de Tori.

La suite dépendra de ce que Tori souhaite faire, quel sentiment le domine.
Xian.