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Chronique de Xian n°28 : Le tanto PDF Imprimer Envoyer
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9 juin 2006 : CHRONIQUE N°28 : Le tanto

Nous reviendrons, juste avant de nous accorder un moment de repos le mois prochain, sur ce dont il a été question à la fin de la chronique précédente.

Le propos sera plutôt pour l’instant de s’accrocher à la chronique technique qui nous parle d’une défense contre tanto. (Le tanto, pour ceux qui ignorent les vocables japonais, est ce que l’on qualifie d’arme blanche, une sorte de couteau pointu avec une lame tranchante d’un côté). Ce tanto faisait partie de l’armement habituel du samouraï et était donc utilisé au combat, avec ou à défaut du katana (sabre).

Hier, tenu à deux mains, le katana était une arme efficace et redoutable, aujourd’hui encore, lorsque, sur un tatami, son porteur touche l’arme, les pratiquant comme les spectateurs frémissent. Le katana ne sert plus à attaquer ou à tuer, il est la représentation de l’esprit du Bushido.

Il n’en va pas de même avec le tanto qui ressemble trop à une arme peu encombrante, facile à transporter que pourraient utiliser des malfaiteurs.

Ainsi, si le porteur de tanto au 21ème siècle est assez rare, ce qui l’est moins, c’est le malandrin équipé de couteaux les plus divers, du canif suisse au gildwell de Baden Powell en passant par les lames de survie à la Rambo et aux cutters de peintres et autres terroristes.

Faut-il apprendre à se prémunir contre ces types d’attaquants ? La réponse est évidente : oui. Il faudra cependant être convaincu qu’en dehors des cercles de combat professionnels (armée, police etc...) l’étude sera toujours sommaire et imparfaite pour des raisons psychologiques.
Plus que son arme et de la façon de s’en servir, la vie du guerrier dépend de son attitude mentale au combat.

Nous ne sommes plus des guerriers. Faut-il ou non s’en réjouir est un discours apparenté.
Mais il existe toujours des malfaisants et des situations de crise.

On a donc réintroduit dans nombre de cours de jiu-jitsu ou d’auto-défense des techniques de protection contre un attaquant qui serait armé ainsi.

Il est important de comprendre que dans ces études collectives ordinaires, le but n’est pas orienté vers la réalité de la défense contre une telle agression mais bien d’acquérir un sang-froid, une maîtrise, une pensée forte qui permet de maîtriser la situation AVANT l’attaque. L’utilisation de techniques apprises ne devenant indispensable qu’après l’échec de la négociation, du conditionnement de l’autre à une paisibilité retrouvée.

L’enseignement de base sera donc compris comme une méthode d’acquisition d’automatismes de déplacements et de gestes qui pourront, le cas échéant, espérons jamais, être utiles.
Le cas échéant se produisant, rappelez-vous que le but cherché par l’agresseur est de vous meurtrir ou de vous tuer dès que sa décision d’attaque est prise. (Cette décision n’est pas évidente durant le temps de la menace). Votre riposte sera donc ferme et la nécessité d’écartement et de maîtrise de l’arme est absolue. S’il est encore possible de combattre après avoir reçu un ou plusieurs coups de poings, c’est plus difficile après des coups de pieds ou de bâton, c’est impossible après avoir été blessé par une lame. Cette erreur est fatale, quel que soit le degré technique que vous vous attribuez ! La moindre erreur d’appréciation est sanctionnée gravement.

Je souhaite que jamais vous n’éprouviez cette sensation physique et psychique que peut provoquer une grande peur. Vous vous trouverez alors « débranché » de vos centres de décisions et incapable de vous opposer à l'offensive. L’apprentissage mille fois répété du geste sur les tatamis doit compenser cette faiblesse en cas d’urgence, remplaçant votre pouvoir décisionnel par un automatisme réflexe. En autres choses, c’est à cela que sert notre apprentissage de jiu-jitsu : répondre à des questions vitales par des actions appropriées, même non réfléchies.

Ces chroniques sont des pages de réflexion, la prochaine conclura une saison encore et les textes nous reviendront dès septembre, tentant alors pour une saison nouvelle de mettre l’accent sur nos capacités individuelles de production et d’utilisation d’énergie pour notre bien-être.
Savoir mettre en marche correctement cette force vitale qui est en nous et l’entretenir au mieux par la pratique de notre passion : le jiu-jitsu.

Voir la chronique technique s'y rapportant.
Xian.