Accueil Les chroniques de Xian Chronique de Xian n°37 : Réalité et fiction
Chronique de Xian n°37 : Réalité et fiction PDF Imprimer Envoyer
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11 décembre 2007 : Chronioque n°37 : Réalité et fiction

L’idée de parler réalité et fiction est certes intéressante mais m’obligerait à de très nombreuses diversions et je vais donc la réserver à un autre endroit que ce site qui n’a ni vocation littéraire ni intention de se faire critique de livres ou de scénarii de cinéma ou télévision.

Pour le jiujiutsuan (on dit aujourd’hui pour copier les mots japonais : jutsuka) la fiction n’existe pas vraiment puisque sans cesse il se soustrait à elle pour se plonger dans la réalité la plus physique qui soit : le parfait contrôle de ses gestes, de son corps, de son esprit.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas : Apprendre sans cesser jamais d’être soi.

Comme notre vie quotidienne et toute la civilisation qui nous entoure est fabuleuse et que nous n’avons nulle envie de nous y soustraire pour devenir moine contemplatif et spectateur de nos propres péripéties, nous avons donc choisi de pratiquer Jiu-Jitsu pour son côté « bonne santé physique et mentale » et pour son côté « Je serai capable de me défendre ou de sauver les miens si d’aventure malheureuse je devais être agressé ».

Accessoirement l’étude de cette recherche de bonne santé et de forme physique convenable et pratique mène aussi à la paisibilité, à la tranquillité de l’âme, à la possibilité d’en user des préceptes et principes dans le vécu professionnel, familial, social.

Pratiquer jiu jitsu, c’est s’apercevoir que la compréhension est un éclair d’intuition, une expérience unique que l’on ne peut transmettre, partager ou expliquer. Un jour on est jiu-jitsu. Un jour on découvre cela parce que l’on a comprit que l’on cherchait l’absolu dans l’illusion, que l’on cherchait une réalité profonde dans le flou de mille et une pensées assaillantes.

Il n’est pas surprenant que l’interprétation du jiu-jitsu « vu » ait débouché sur les films d’arts martiaux Hong Kong, sur les livres emplis de héros qui sans peur et sans reproche dominent leurs adversaires d’une part et sur d’intarissables spéculations métaphysiques d’autre part.
Ce geste mille fois répété pour arriver à un sommet unique inexistant (puisque chaque pratiquant arrivera autre part), cette recherche de la perfection d’un mouvement totalement indéfini est pour le jiu-jitsuan la règle constante. Il ne s’agit pas d’apprendre les seize ou les vingt techniques – que serait-ce ce challenge alors que les techniques sont cent, mille, millions... — qu’importe de mémoriser ou même d’appliquer telle ou telle méthode ?
Il faut découvrir sa vraie nature et la laisser se traduire par des actions propres et inédites. Atteindre ce but est arriver à la libération, le doute s’estompe car on a réalisé la seule action possible en réponse à la situation donnée.

Rewind ... le magnétoscope tourne à toute vitesse en arrière et l’on s’aperçoit que pour en arriver là il aura fallu tant d’heures de pratique, tant de moments intenses, se dominer pour réussir le mouvement... ce n’était pas si facile
(exemple sur le forum, défense contre coup de couteau).

Bon sang, Xian n’avait-il pas promis de nous parler plus de techniques, de développer des appréciations à propos, précisément des mouvements « obligatoires » à connaître dans les fédérations françaises et belges ...
Si si, je n’ai pas oublié, ... je ne vous ai pas oublié...
Parfois il faut savoir reprendre un peu de souffle ...

Tout arrive à point à qui sait attendre...
Une partie de notre enseignement, une partie très importante est basée sur « Japon » qui est traditionnellement cœur plutôt qu’esprit et qui laisse peu de place au rationnel au dualisme à la conversation de salon ... Le regard sur les techniques est important et je ne manquerai pas d’en parler, beaucoup, prochainement. Mais ce n'est pas simple : ici plus que partout ailleurs, le geste ne peut s’expliquer par des mots, la théorie du jiu-jitsu ne se comprend pas par l’intellect, elle entre en soi un jour, sans que l’on sache comment : bruit de tonnerre, vitesse de l’éclair, un matin, je suis Jiu-Jitsu.
Xian.