Accueil Les chroniques de Xian Chronique de Xian n°44 : Tenshin shinyo, Daïto, Wado … les styles
Chronique de Xian n°44 : Tenshin shinyo, Daïto, Wado … les styles PDF Imprimer Envoyer
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13 juin 2008 : Chronique n°44 : Tenshin shinyo, Daïto, Wado … les styles …

Ainsi donc, le pratiquant novice comme l’ancien se pose parfois la question : mais quel style choisir, pourquoi choisir un style ?(1)
Le Jiu-jitsu est un tout très complexe, alliant une foule de tendances issues de siècles de recherches mêlant des combinaisons étudiées sous plusieurs aspects, certaines techniques étant soigneusement conservées au sein des écoles les plus diverses.

Le monde a changé, le monde change, le monastère perdu dans la montagne est aujourd’hui derrière le parking du supermarché local.
Des apports lointains d’autrefois, judicieusement réétudiés se mixent aujourd’hui avec des pratiques de tous horizons, on parle de jiu jitsu brésilien, comme si l’on se disait tout bêtement tiens, les Espagnols parlent un curieux français…
Ce n’est évidemment pas parce que des origines sont similaires que des mots anciens doivent qualifier des astuces commerciales modernes. Bah ! Cela ne change rien aux techniques.
Le Jiu-jitsu est un ensemble culturel japonais dont certains styles sont proches d’une danse gracieuse alors que d’autres étalent une force brutale, tous sont des résultantes de travaux de professeurs et maîtres qui au fil des siècles ont peaufiné des techniques transmises par reproduction et des mouvements importés de Chine, d’Inde, des îles malaises, plus tard de Mongolie, de Perse, … d’Europe, pourquoi pas ? (et vice-versa).
Cette école (ou style) prêche la force statique, d’autres démontrent les avantages de la fluidité d’un mouvement continu; certains prônent les mouvements tourbillonnaires attirant l’adversaire irrésistiblement en son centre, d’autres encore préfèrent les coups percutants destinés à foudroyer l’adversaire sur place en pulvérisant ses points vitaux; les anciens et les modernes se querellent, rien de neuf sous le soleil. Certaines écoles parlent même de théories techniquement incompatibles.
Tout cela est totalement sans importance dans l’étude réelle et profonde, on peut aborder le Jiu-jitsu sous n’importe quel angle, nous nous retrouveront ultérieurement à pratiquer les mêmes mouvements totalement simplifiés, rendus à leur phase originelle.
Quelques-uns en sont encore et toujours, après cinq mille ans de civilisation à se demander comment se défendre physiquement d’un importun, d’un agresseur … Oui, on peut rencontrer des fous furieux et devoir les placer hors d’état de nuire … tandis que d’autres sans trop de souci d’efficacité du combat recherchent plus philosophiquement santé, équilibre, parfois même souhaitent revenir à la mystique monacale.
L’évolution de l’art martial japonais est donc « normale », il se passe le même phénomène en Wushu (Kung Fu) chinois, particulièrement depuis l’ouverture des frontières et la diffusion grands et petits écrans de films « Hong-Kong ».
Il y a de tout pour tous en Jiu-jitsu, suivant les possibilités physiques de chacun et suivant ses options fondamentales. Il n’est pas possible d’en faire le tour rapidement, même en y consacrant un temps d’entraînement important (2). Si l’on est sensible à l’usage « philosophique » de l’art martial, on apportera un grand soin au choix du Maître que l’on se choisira. Ne vous y trompez pas à la lecture de titres ronflant ou en écoutant un sabir sino-nipon. En ce qui concerne les appellations, les puristes disent « o soto gari » et les anciens « premier de jambe », l’important n’est pas la linguistique mais la technique et donc, on pourra qualifier et nommer ses mouvements comme on voudra, simplement pour que chacun comprenne de quoi il s’agit, on utilise, comme cela se passe en escrime, au billard ou en hand-ball, de préférence la langue du peuple créateur. De temps à autre, c’est déroutant, j’en conviens, traduire un uppercut décoiffant par « envol du coq de bruyère » tiens de l’humour plus que de la méthodologie.
Pour celui qui souhaite une pratique physique importante, il est intéressant d’adjoindre à ses horaires du temps libre pour se dérouiller à la piscine, faire de l’hébertisme naturel, …
Le Jiu-jitsu c’est l’accomplissement de soi, pour en maîtriser l’art, il faut en saisir la philosophie, sans esprit, le corps est sans utilité.

(1) Il est à remarquer que ceux qui pratiquent chez une « ligue officielle » n’ont pas ce choix à faire, le bon samaritain patron des pratiquants sous bannière judo ou karaté olympic games a décidé pour eux du style : le stylekezoen c'est-à-dire un panaché bière limonade à la sauce belgo-française ou germano-hollandaise selon le cas. Une prochaine chronique non polémiquante reviendra titiller ces propos.

(2) Il est évident qu’une différence énorme se crée rapidement entre un pratiquant « deux heures semaine » et quelqu’un qui se trouve sur les tatamis quotidiennement deux à trois heures…

Xian.