Accueil Les chroniques de Xian Chronique de Xian n°60 : Pratiquer, encore et toujours
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Ainsi donc vous venez de parcourir une année encore.
Vous vous êtes avancé dans ce temps avec plus ou moins de bonheur, tentant de trouver le meilleur chemin qui soit propice. Il est vain, comme d’aucuns, jusqu’à certains érigés en partis politiques, même, de faire le procès de notre civilisation.

Notre société est faite d’hommes, vous et moi. C’est à partir de cette réalité qu’il faut avec honnêteté construire notre façon de vivre.
L’art martial originel, le jiu-jitsu, tout en ne prétendant pas être religion ou unique activité bénéfique à l’homme nous offre l’occasion de penser différemment, plus encore aujourd’hui qu’au siècle dernier.
L’empressement avec lequel certains ont transformé l’art en commerce banal, en pulsions primitives, montre combien il est important de nier le superficiel directement exploitable, lequel ne mène nulle part, et de s’avancer en une recherche personnelle – et collective au dojo, sur un chemin de bonheur et de santé passant par cette gestuelle que nous pratiquons et qui est une manière de vivre.

Il n’y a de véritable combat que pour la vie et de compétition qu’avec soi-même.

Cette année encore, à nous de trouver l’attitude la plus juste face à notre art martial et à la vie quotidienne. Plus spécifiquement, cela signifie qu’il ne faut pas avoir peur de nous même et bannir, de nos pratiques au dojo, des comportements dont la société aseptisée (mais tellement brutale cependant) a souvent du mal à se débarrasser. Le paradoxe de l’art martial ne se trouve que dans son appellation occidentale moderne, personne n’aurait eu l’idée, il y a quelques lustres ou ailleurs dans le monde, d’appeler une gymnastique du corps et de l’esprit d’un nom guerrier qui fait peur souvent aux ignorants. Le kanji (idéogrammes)Jiu-jitsu se lit « art de la souplesse » (physique et mentale).
Cela exige de notre part, durant l’année qui se présente à nous, de pratiquer avec sincérité, d’avoir une attitude compréhensive face aux exercices préparatoires basiques que l’on perçoit trop souvent comme inintéressants, allant jusqu’à contester leur efficacité avant même d’en avoir saisi la portée.
« Au un millionième et un o soto gari, peut-être pourras-tu dire que tu sais le pratiquer » me disait Minoru Mochizuki.
Le dojo est le carrefour de deux mondes (voire même d’autant de mondes qu’il y a de gens qui en poussent la porte), il doit être le lieu de réunion d’une communauté de pensée jamais réductrice menée par une gestuelle de santé dynamique.

Cette année, les katas, le randori doivent être pratiqués plus souvent encore qu’auparavant.

Xian.